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Foot 24-7, Connecter des joueurs de football

Rayan Kassir est étudiant-entrepreneur et fondateur de Foot 24-7. Tout en suivant des études d’ingénieur civil en biomédicale puis des études de droit, cet ancien joueur de football s’est lancé dans la création et le développement d’une plateforme de mise en réseau de joueurs de football et de futsal.

Adrien Pauly : Tu as créé ta propre entreprise tout en étudiant. Quel était ton projet ?


Rayan Kassir : En arrivant à l’Université de Liège, je ne connaissais personne et je voulais continuer à pratiquer ma passion : le football et le football en salle. J’avais deux options. Soit m’inscrire dans les championnats inter facultaires, où il faut rassembler 8 ou 9 personnes, soit créer une équipe de football traditionnelle, pour laquel il faut 15 ou 16 personnes minimum. Cela devient très compliqué à faire lorsque tu arrives dans une ville où tu ne connais personne. Foot 24-7 a été créée à la base pour des personnes arrivant dans un nouvel environnement géographique pour trouver des joueurs, des parties, des terrains et des équipes à rejoindre ou à affronter.

AP : Comment t’es venu l’idée ?

RK : Le problème des désistements de dernière minute ou qui te lâchent 1 heure avant le match, c’est quelque chose que tous les joueurs ont déjà connu. Ce problème occupait mon esprit depuis très longtemps. Lorsque je suis arrivé à Liège et que je ne connaissais personne, j’ai constaté le caractère international des universités belges et la présence d’une culture foot très forte chez les étudiants étrangers. Je me suis dit qu’il fallait trouver une solution qui satisfasse tous ces gens-là. Nous avons créé une application avec un site internet et une hotline pour compléter le service.

AP : Pourquoi avoir davantage développé une application  qu’un site ? 

RK : Utiliser une application fait sens pour moi. On a plus tendance à oublier notre portefeuille chez nous que notre smartphone. Nous l’avons tout le temps sur nous. Notre génération est très connectée, 92% des 18-24 ans ont un smartphone et l’utilisent tous les jours. Le taux monte à 94% chez les 25-35 ans. Il faut aussi tenir compte du fait que nous sommes dans une approche où on veut parler le moins possible à des gens, c’est dans l’air du temps. Nous voulons faire tout nous-même rapidement. L’application permet ainsi de réserver un terrain pour demain et de payer via l’application.

AP : comment as-tu débuté ton projet ? 

RK : Foot 24-7 étant avant tout disponible via son application, j’ai d’abord fait des tests sur internet auprès du public de l’Université de Liège et de quelques Hautes Écoles. Les retours ont été très bons et j’ai lancé l’application qui est téléchargeable gratuitement sur Androïd et iOS. L’application fonctionne sur 5 villes : Liège, Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Namur et Marche-en-Famenne. Elle est accessible à tout le monde et plus uniquement aux étudiants. Notre communauté s’est agrandie, au point que les étudiants constituent aujourd’hui une petite partie de notre public. L’application est utilisée par des profils très différents, nous avons des utilisateurs d’une soixantaine d’années comme des jeunes de 14 ans ainsi que beaucoup d’utilisatrices. 

AP : Est-ce que, comme son nom l’indique, l’application se limite uniquement au football ? 

RK : Oui mais c’est le football sous toutes ses formes. Du football, du football en salle, du five, du six, du football à 11, sur terrain, en agora, etc.

AP : Comment fonctionne concrètement l’application ?  

RK : Il suffit d’entrer son adresse mail, d’inscrire un mot de passe, de choisir la ville dans laquelle on se trouve et on peut ensuite directement accéder à toutes les fonctionnalités. On peut choisir des joueurs, des parties, des équipes ou des tournois. Ce sont des tournois que nous organisons seuls ou en partenariat avec des sociétés ou des institutions. Par exemple, nous organisons les tournois inter facultaires de football et de futsal de Liège. Tous les joueurs et toutes les équipes sont sur l’application où ils et elles peuvent voir le suivi de leur partie, les scores qui sont mis à jour, leurs calendriers et les tableaux. En définitive, nous offrons un service de mise en réseau et d’organisation de tournois. 

AP : Comment en es-tu arrivé à te lancer dans l’entrepreneuriat ? 

RK : Cela a toujours été quelque chose d’évident pour moi. Lorsque j’avais 12-13  ans, je rachetais des ordinateurs des entreprises qui s’en débarrassaient que je remettais en état pour les vendre sur internet par la suite. Devenu étudiant, j’ai créé avec un ami une association étudiante à Marseille qui organisait des soirées. Elles avaient beaucoup de succès. Tout cela a commencé tôt pour moi. 

AP : Et tu arrives à concilier ta vie d’étudiant et d’entrepreneur ?

RK : Il faut faire un choix. Il est possible de concilier, cela demande beaucoup de temps, d’implication et de sacrifices, dont des sorties et soirées. C’est faisable en s’organisant.

AP : Alors quel est ton moteur pour y arriver ? 

RK : Je pense qu’il y a 3 choses qui interviennent dans mon cas. Premièrement, je fais quelque chose qui me plaît. Ensuite, j’ai de l’ambition et enfin, quand je commence quelque chose, je ne m’arrête que lorsque je l’ai terminé. Il faut surtout le vouloir. Ce n’est pas facile tous les jours, pour moi comme pour mes amis entrepreneurs. Une entreprise ne fait pas des bénéfices spectaculaires du jour au lendemain. Peut-être que nous n’en ferons jamais. Peut-être que nos entreprises feront faillite dans 1 an ou seront une réussite. Nous n’en savons rien mais nous y croyons. 

AP : Si tu devais retenir quelque chose de ton parcours de jeune entrepreneur, que serait-ce ?

RK : Qu’il n’y a que le travail qui paie. Dans l’entrepreneuriat, le plus compliqué est le yo-yo émotionnel. Il y a des jours où tout se passe très bien et des jours où ça se passe mal. On n’est jamais dans une constante et d’ailleurs, il y a plus de jours où ça se passe mal. Ce n’est pas évident à encaisser.

AP : Que t’apporte ton coach au VentureLab ? 

RK : Pour moi, la relation a commencé comme n’importe quelle relation professionnelle. Elle a évolué en une relation très personnelle, à la limite paternelle. J’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé sur mon chemin mon coach. Il porte beaucoup d’attention à mon projet, à ma personne, surtout quand les moments sont difficiles. C’est très important d’avoir quelqu’un qui nous écoute car on se sent seul dans notre aventure.


Adrien Pauly, 
Jeunes & Libres

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