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Venturelab, l’étudiant- entrepreneur au cœur du changement

Le VentureLab fait partie des 6 incubateurs d’entreprises en Fédération Wallonie-Bruxelles officiellement rattachés aux pôles académiques avec Yncubator à Louvain-la-Neuve, Yump à Mons, StudentLab à Charleroi, LinKube à Namur et Start.LAB à Bruxelles. Ouvert aux étudiants et aux jeunes porteurs d’un diplôme jusqu’à 2 ans après l’obtention de celui-ci, le VentureLab est lié au pôle académique Liège-Luxembourg. 600 ont déjà franchi le pas de la porte ce qui a débouché sur 85 créations d’entreprise. 

Un incubateur a trois rôles. En premier lieu, il est là pour accompagner une idée jusqu’à sa création et son autonomisation, c’est-à-dire la création d’une entreprise qui a du potentiel. Ensuite, il est là pour permettre, par des rencontres, par des feedbacks, à l’étudiant de devenir entrepreneur. Un incubateur a une dimension économique et une dimension pédagogique. Mais au VentureLab, on est convaincu qu’il a également un rôle sociétal, qui se traduit en stratégies d’entreprise. Tenter de mesurer le bonheur au sein des entreprises créées, sensibiliser sur les questions de gouvernance, de rétribution ou encore de partage du bénéfice sont autant de facteurs pris dorénavant en compte.

À l’origine du VentureLab, il y a Bernard Surlemont. Professeur d’entrepreneuriat à HEC-ULiège, l’école de gestion de l’Université de Liège, ce dernier a fondé le VentureLab en 2014 après une année sabbatique. Ce professeur en était venu à la conclusion que le monde n’est pas en crise, mais en mutation. Un monde en mutation,  c’est un monde rempli d’opportunités et à la recherche de solutions, dont des solutions sociétales. Voici l’objectif qu’il s’est fixé avec ses étudiants, entrepreneurs de demain, et qu’il a concrétisé au travers du VentureLab. Avant cela, il avait œuvré à créer le statut d’étudiant-entrepreneur au sein de l’Université à côté de ceux d’artiste et de sportif, déjà existants.

Par la suite, Bernard Surlemont a observé qu’une très large majorité des jeunes avaient une attitude favorable par rapport à l’entrepreneuriat, mais qu’une infime minorité concrétisait effectivement leur envie en fondant leur entreprise. Il remarqua qu’il manquait avant tout aux jeunes de l’expérience, un réseau professionnel et de la confiance en eux. Une méthodologie a ainsi été mise en place pour aider ces étudiants à passer à l’acte. Il ne s’agit pas d’une sensibilisation, de donner l’envie, de favoriser un état d’esprit, mais bien d’un outil pour passer à l’acte. Bernard Surlemont a fait alors appel à des entrepreneurs confirmés, qui ont cette expérience et un carnet d’adresses, pour créer le VentureLab le 24 novembre 2014. Parmi ces entrepreneurs, on retrouve Luc Pire, entrepreneur actif dans le monde de l’édition, Hubert Brogniez, fondateur d’une entreprise spécialisée dans la gestion de risques pour les banques et assureurs, et Philippe Woitrin, dont le nom est indissociablement lié au secteur bio en Belgique.  

La mission du VentureLab est de favoriser le passage à l’acte pour les étudiants et les jeunes diplômés du pôle académique Liège-Luxembourg souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat. Pour ce faire, la méthodologie de Bernard Surlemont a été déclinée en plusieurs outils : 

  • Chaque participant a un coach attitré, appelé « entrepreneur en résidence », une sorte de mentor. Ils sont actuellement au nombre de 177. Leur but est de transmettre leur expérience entrepreneuriale et d’ouvrir leur réseau professionnel. Cette personne a été fondateur ou repreneur d’entreprise pendant une durée minimum de 10 ans, a eu des activités au niveau international et a géré au minimum 20 personnes Équivalent Temps Plein (ETP). 

  • 177 experts sont actuellement au service des entrepreneurs du VentureLab. À la différence du coach, ces personnes sont des expertes dans un domaine particulier et peuvent répondre aux questions ponctuelles et pointues que les futurs entrepreneurs sont amenés à se poser dans différents domaines, tels que le digital marketing, le droit des sociétés ou le fonctionnement de l’actionnariat.

  • Le VentureLab offre des espaces de coworking.

  • Le VentureLab offre différents outils « collectifs », par exemple des formations ou des ateliers sur la levée de fonds, la création concrète d’une entreprise, la souscription d’un crédit auprès d’une banque ou encore de confiance en soi. Ces outils sont développés en interne par une équipe de 8 personnes expertes dans un domaine (droit, communication, finance, etc.). 

L’étudiant souhaitant réaliser son projet avec le VentureLab commence par poser sa candidature via un formulaire. Par la suite, il est reçu par un comité d’admission devant lequel il présente son projet. Un seul critère est demandé : la volonté d’entreprendre ! Dans le langage du VentureLab, on préfère l’expression « avoir la niaque ». Le candidat doit avoir de l’énergie, de la disposition à entreprendre. Quant à l’expérience, il n’y en a pas besoin. D’ailleurs, très peu des candidats retenus en ont.  

Après un feedback, le candidat dispose de 3 mois pour réaliser 3 tâches, sans quoi le VentureLab ne poursuit pas la collaboration :

  • Avoir travaillé leur business model. Comment vont-ils rendre leur entreprise rentable ?
  • Avoir validé les hypothèses. Qui sont les clients potentiels ? Que désirent-ils ? À quel problème le projet répond-il ?
  • Avoir travaillé sur lui-même, sa motivation, son équipe s’il dispose d’une.


Le statut d’étudiant- entrepreneur

Il existe 2 statuts d’entrepreneur bien différents dans le contexte du VentureLab :

Le statut d’étudiant-entrepreneur de l’Université de Liège est une reconnaissance. Elle n’octroie pas de droits particuliers et spécifiques à ceux qui en bénéficient, mais peut permettre de négocier avec les professeurs des emménagements et ainsi de concilier les vies d’étudiant et d’entrepreneur. Le statut n’est pas obligatoire ni automatique pour bénéficier des services du VentureLab et vice-versa. 

Le statut fédéral d’étudiant- entrepreneur créé en 2016 par le ministre Willy Borsus, alors ministre fédéral des Indépendants, est un statut social. Avec ce dernier, l’étudiant est assimilé à un indépendant complémentaire. Il paiera moins de cotisations et ses parents continueront à percevoir les allocations jusqu’à un certain montant de revenus.

Le VentureLab dispose d’une multitude de partenaires, à commencer par des partenaires financiers. Il s’agit pour ces partenaires d’être mis en relation avec les start-up et entrepreneurs de demain avec des idées fraîches et des nouveaux challenges tout en permettant à l’incubateur de fournir un service gratuit aux étudiants-entrepreneurs. Les partenaires sont aussi méthodologiques, afin d’améliorer les aspects humains de la « formation ».

Après 5 ans d’existence, l’équipe actuelle tire 3 conclusions :
  1. Les jeunes ont envie de créer. Sur un potentiel de 50.000 étudiants-entrepreneurs présents sur le pôle      académique de Liège-Luxembourg, plus de 600 ont déjà frappé à la porte du VentureLab
  2. Les jeunes ont la capacité de créer si on met la bonne méthodologie à leur disposition. 85 entreprises ont déjà été créées.
  3. Les jeunes sont porteurs de solutions économiques. 250 emplois directs ont été créés, en plus des emplois indirects qui sont difficiles à chiffrer.
Adrien Pauly
Jeunes & Libres

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