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Comment développer une vraie accessibilité des Organisations de Jeunesse ?

L’article 5 du décret du 26 mars 2009 impose aux OJ d’être actives sur 3 zones d’activités et ainsi de rayonner sur une importante partie du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On note une présence plus importante des OJ en zone urbaine qu’en zone rurale. Ainsi, on constate que la province du Luxembourg est la moins couverte des zones. De plus, les associations travaillant à une reconnaissance en tant qu’Organisation de Jeunesse peinent souvent à couvrir une 3ème zone par manque de moyens humains, matériels ou financiers. Pour les OJ de petites tailles, couvrir ces 3 zones d’activités est un défi permanent. Il est néanmoins important de préserver ce critère de territorialité qui confère aux OJ une spécificité propre et pertinente dans leur champ d’action.

Comme l’a montrée une étude menée par le Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCL, les OJ ont une volonté d’ouverture à la fois géographique ainsi qu’aux différentes couches de la société, mais à ce jour, le secteur s’interroge sur comment développer son accessibilité.1 L’implication et le passage au sein d’une OJ sont pourtant bénéfiques pour le jeune. En effet, en se côtoyant et en échangeant au sein de ces structures, les jeunes expérimentent la démocratie. De même, et s’il ne s’agit pas là d’une fin en soi, l’investissement des jeunes au sein d’une OJ a un impact sur leur employabilité. En effet, ceux-ci y développent des compétences recherchées sur le marché du travail. L’emploi des jeunes étant un des enjeux fondamentaux auxquels les politiques doivent répondre, on ne peut nier qu’il s’agit là d’une plus-value.

Pour Jeunes & Libres, développer l’accessibilité des OJ passe notamment par l’attribution d’un mi-temps permanent supplémentaire pour chaque OJ reconnue. Ce mi-temps serait dédié à une décentralisation des activités de l’OJ vers les zones moins couvertes par celles-ci. La mesure se chiffrerait à 2.530.340,37 €. Envisager des incitants financiers notamment par un complément financier du subside fonctionnement (structurel ou ponctuel) serait également une solution pour couvrir ces zones. Il faudrait néanmoins prévoir en premier lieu un cadastre des zones moins touchées allant plus loin que le simple constat par province. L’analyse de cette couverture se ferait via le rapport d’activités. Il serait néanmoins nécessaire de redéfinir clairement la notion de zones et d’activités dans notre décret bien que celles-ci fassent l’objet d’un consensus de la part du secteur.

En plus d’un mi-temps décentralisé, Jeunes & Libres souhaite la mise en œuvre d’un mécanisme financier afin d’inciter les services de jeunesse à accroître leur activité dans les zones géographiquement moins couvertes telles que la Province du Luxembourg. Ce mécanisme pourrait s’envisager sous la forme d’un complément de subvention de fonctionnement attribué proportionnellement aux nombres d’activités réalisées sur ces zones.

Une mesure favorisant également l’accessibilité des OJ serait la gratuité des transports en commun pour les animateurs des OJ, ainsi que pour les jeunes bénéficiaires à l’instar de ce qui se fait pour des mouvements de jeunesse au sein de la TEC. En effet, depuis le 1er mars les mouvements de jeunesse bénéficient, pour leurs activités, de la gratuité du réseau TEC sur toutes les lignes régulières, les vendredis, le week-end, les jours fériés et durant les congés scolaires. Les mouvements de jeunesse constituent une catégorie d’Organisations de Jeunesse qui bénéficient d’une large visibilité auprès du grand public. Mais au-delà de ces mouvements, il existe une centaine d’autres OJ reconnues et actives en Fédération Wallonie-Bruxelles. Celles-ci participent tout autant à la formation de CRACS.

1Maëlle Vander Linden, Julie Hermesse et Olivier Servais, en partenariat avec l’équipe du CEPESS et le Laboratoire d’Anthropologie Prospective, Quels impacts et quelle accessibilité en Fédération Wallonie-Bruxelles ?, novembre 2016.

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