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Jeunesse

Artisanat, entrepreneuriat et Jeunesse

30 juin 2017 by jetl

Anne Besace

Le Ministre des classes moyennes, Willy Borsus a mis en action des mesures afin de soutenir les PME et les indépendants. L’investissement dans les PME est, en effet, primordial car elles représentent 99% des entreprises belges. Ces mesures passent, entre autres, par la réduction des charges patronales, le seuil d’exemption de la TVA, l’accès à un deuxième pilier de pension,  l’alignement de la pension minimale, la promotion grâce au crowdfunding et le soutien à la seconde chance.

Le Ministre a été plus loin en donnant une définition légale de l’artisan (entrée en vigueur le 1er juin 2016). Celle-ci va permettre de délivrer un label à tout candidat artisan qui en fait la demande. Cette année, 732 artisans ont été reconnus.

Dans ce besoin de compétitivité, d’expansion et de libéralisation des marchés, le secteur de l’artisanat est lui aussi soutenu par ce type de mesure. Bien que ce secteur bénéficie d’une image positive auprès du grand public, il n’est pas souvent perçu comme innovant, même parfois comme passéiste et inadapté à la globalisation de par son ancrage local et social.

Pourtant, ce secteur a un rôle économique non négligeable en termes de création d’emplois et de maintien et de renouvellement du système de production. Lorsque nous regardons les chiffres, on dénombre 271.055 entreprises actives dans le secteur de l’artisanat en 2010, ce qui au regard des 768.759 entreprises actives en Belgique représente près de 35,2% de l’ensemble des sociétés assujetties à la TVA.

Nous pourrions croire qu’artisanat et modernité sont deux concepts antagonistes, pourtant le lauréat 2016 pour le prix du public et le prix du web marketing de la Vitrine de l’Artisan, Thierry Depuydt, artisan boucher affineur à Peruwelz, en démontre le contraire avec son entreprise Côte à l’Os. Il montre parfaitement la manière dont son métier issu de la tradition peut tirer profit des nouvelles technologies. L’artisan est le dépositaire de traditions anciennes, de techniques éprouvées, d’une culture qu’il enrichit et adapte au gré des évolutions de la société et des goûts de sa clientèle.

Mais, il exerce aussi une fonction de lien social qui permet l’intégration de la jeunesse dans la société au travers de la formation. Ce lien social s’exerce grâce à la qualité et la diversité des produits/services offerts par l’artisan augmentant ainsi la qualité de vie des citoyens au quotidien.

Rencontre avec Anne de la Besace

Chargée de projets à la Besace. Je coordonne des projets variés allant de la recherche de subsides à la création et la mise en place du projet. La Besace réalise beaucoup de projets de sensibilisation avec les jeunes par rapport à différentes thématiques qui vont de l’esprit d’entreprendre jusqu’à la sensibilisation aux handicaps et à l’environnement.Pouvez-vous me présenter le concept de la Vitrine de l’Artisan et les objectifs poursuivis ?

Le concours est né il y a déjà 12 ans. L’objectif était de valoriser les métiers de l’artisanat et manuels auprès des jeunes. Pour y arriver, on s’est dit que la meilleure des façons, c’était de mettre en avant des artisans de qualité qui pourrait servir d’exemple pour ces jeunes. Depuis 12 ans, le concours met en avant 10 artisans qui deviennent, en quelque sorte, les ambassadeurs du secteur. Ces artisans représentent des exemples positifs tant pour la qualité de leurs produits mais aussi pour leur management, leur marketing, leur communication ainsi que leur transmission de savoir vers les jeunes.Chaque année, on essaie d’organiser une visite des ateliers des lauréats à laquelle on associe des jeunes pour essayer de leur faire découvrir des métiers moins connus. Pour des jeunes déjà dans ce type de filière de formation, l’objectif est de leur montrer comment l’artisan travaille au quotidien mais aussi, ce que celui-ci doit mettre en place en plus de son métier. Il n’y a pas que le travail manuel, il y a aussi la gestion des factures, les contacts avec les clients.Depuis deux ans, pour renforcer ce volet « jeunes », on a mis en place le prix de l’apprenti. Ce prix met en valeur des jeunes qui se forment de manière qualitative aux métiers de l’artisanat. 

Pour nous, c’est vraiment important car ce sont de jeunes qui peuvent servir d’exemple à d’autres jeunes grâce à leur passion et leur motivation pour leur métier.   

Le secteur de entrepreneuriat et de l’artisanat doivent-il être perçus comme distincts ou complémentaires ? Pourquoi ?

Pour nous, c’est tout à fait complémentaire. Pour la Besace, les artisans sont des entrepreneurs. Actuellement, il y a beaucoup de jeunes qui osent se lancer. Il faut oser entreprendre, il faut savoir se lancer surtout dans le secteur de l’artisanat où souvent les artisans sont un peu isolés dans leur petit atelier.

Mais on constate qu’il y a beaucoup d’artisans qui mettent en place des stratégies pour pouvoir se développer. D’ailleurs, il y a des petites sociétés qui se créent.On sait qu’il y a une limite entre ceux qui se développent de manière importante estimant qu’ils font encore de l’artisanat malgré qu’ils emploient plus de vingt personne et ceux qui ont des petites entreprises employant une dizaine de personnes et faisant un travail artisanal. Pour moi, un artisan est un entrepreneur. Mais tout entrepreneur n’est pas un artisan.   

Les mesures du Ministre des Classes Moyennes, Willy Borsus ont-elles un impact positif sur le secteur de l’artisanat ?

Oui, tous sont contents de ce qui se met en place mais ce n’est jamais suffisant. Petit à petit les choses bougent et beaucoup sont contents des mesures du Ministre, notamment par rapport à la reconnaissance de leur statut. Cela montre la qualité du secteur et une reconnaissance générale de celui-ci. Cela permet aussi de faire une distinction entre la personne faisant un artisanat au sens d’un hobby et ceux faisant un artisanat professionnel. Maintenant, il y a toujours des mécontents. Je pense que d’autres mesures fiscales et financières leur feraient du bien.   

Comment encourager les jeunes vers l’artisanat ?

Nous ce que l’on essaie de faire, c’est d’abord de revaloriser les métiers de l’artisanat. Si on trouve que cela évolue, on constate cependant qu’il y a un schéma classique de la part des parents préférant envoyer leurs enfants dans une filière traditionnelle. De plus, dans le système scolaire actuel, c’est au moment de l’échec que les jeunes sont renvoyés vers les filières professionnalisantes.On en reparlait d’ailleurs au moment du concours.

Cette attitude est-elle dépendante de la génération ?

Peut-être que nos parents sont encore dans la filière traditionnelle alors qu’avec nos enfants, il y a un changement de mentalité possible. En emmenant des jeunes aux visites, on se rend vraiment compte qu’ils découvrent des métiers qu’ils ne connaissent pas et qu’en plus,ce sont des métiers très chouettes. Souvent, nos artisans sont passionnés et motivés et cela se ressent directement auprès des jeunes.

Cela ouvre un peu les yeux des jeunes sur la question de la motivation quant à leur choix de carrière professionnelle. Certains des artisans disent que pour eux, ils ne considèrent pas leur métier comme un travail car ils ont du plaisir à se lever chaque matin pour faire leur artisanat.Lors des visites, nous avons rencontré des professeurs qui avaient déjà réalisé ce type de visite avec leurs élèves dans le but d’ouvrir les jeunes à la diversité des métiers. Même nous, au niveau de la Besace, on commence à réfléchir sur un outil permettant l’orientation scolaire à partir du primaire. Mais, à cet âge-là, l’objectif est d’ouvrir les élèves à différents univers : créatif, manuel, intellectuel, industriel.

L’objectif premier de cet outil serait que les élèves prennent conscience de l’existence de ces différents univers. De plus, cet outil permettrait de sortir des schémas liés aux filières classiques et surtout montrer que dans les autres filières, le niveau est équivalent aux filières traditionnelles.

Classé sous :Actualité Balisé avec :Artisanat, Entrepreneuriat, Fédération des Organisations de Jeunesse libérales, Fédération Wallonie-Bruxelles, Jeunes et Libres, Jeunesse, Organisation de Jeunesse

En Marche avec la jeunesse

30 mai 2017 by jetl

Le plus jeune président de la Ve République

Ce 7 mai 2017, Emmanuel Macron a été élu par les Français. À seulement 39 ans et 4 mois, il devient le plus jeune président de la Ve République. Choisi pour occuper la plus haute charge de l’État, le nouveau locataire de l’Élysée aura comme lourde responsabilité de diriger l’une des plus grandes puissances européennes dont la jeunesse constitue une des clés de son avenir. Quelles sont les attentes de cette jeunesse et les réponses proposées par Emmanuel Macron? Comment les jeunes électeurs français ont-ils réagi lors du premier et du second tour de l’élection présidentielle ?

La jeunesse, préoccupation des Français

L’École constitue une des priorités pour les Français. Une très large majorité d’entre eux considère l’éducation comme un facteur aussi important que la démocratie et le plein emploi pour le développement d’un pays. Mais une majorité se déclare également insatisfaite de l’éducation de manière générale. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis) menées par l’OCDE le montrent : depuis 10 ans, la France est dans la moyenne des pays développés, au même niveau que la Suède, l’Autriche ou les Etats-Unis mais en deçà des pays en tête comme Singapour, le Japon, l’Estonie, la Finlande ou le Canada.

Mais que pense la jeunesse française de sa situation ? Selon l’enquête « Génération quoi ? » réalisée en France à l’automne 2013, une grande partie des jeunes sont optimistes quant à leur devenir personnel mais extrêmement pessimistes concernant le destin de leur génération. La défiance envers les mondes médiatique et politique est interpellante. Près de la moitié des jeunes Français n’ont pas du tout confiance dans les journalistes ainsi que dans les mandataires publics. Ces derniers sont soit « corrompus » soit « inefficaces », « laissant la finance diriger le monde ».

Ils n’ont pas le sentiment que la société leur donne les moyens de montrer ce dont ils sont capables tant dans le système éducatif que dans la sphère professionnelle. Et ce, alors que la valeur travail tient une place importante dans leur vie, qui leur permet de s’épanouir. Toutefois, la satisfaction au travail varie d’une catégorie de travailleurs à une autre, les intérimaires par exemple se disant moins épanouis au travail.

Quelles ont été les propositions d’Emmanuel Macron et d’En Marche pour la jeunesse ?

Durant son quinquennat, Emmanuel Macron souhaite augmenter le nombre de créations de crèches et donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux « lire, écrire, compter » dans le préscolaire, en maternelle et au primaire en divisant par deux la taille des classes en primaire.

Face au nombre élevé de jeunes quittant l’enseignement sans diplôme ou souffrant de mauvais choix d’orientation, l’accent serait mis sur les dispositifs d’orientation au collège et au lycée avec l’accompagnement après la classe, des stages de remise à niveau pour les collégiens difficulté, en remettant en place les études dirigées, en formant un million de jeunes aujourd’hui sans qualification, ni activité. Dans le même ordre d’idée, encore beaucoup de lycéens professionnels n’obtiennent pas leur diplôme après l’apprentissage. La création de périodes de préapprentissage pour les moins de 25 ans et les filières en alternance dans les lycées professionnels doivent permettre de lutter contre le chômage endémique qui frappe les jeunes.

Le nouveau président désire renforcer l’implication de bénévoles et d’associations dans le milieu éducatif, en mobilisant des jeunes engagés dans le cadre du service civique qui appuieraient les professeurs, particulièrement pour la maîtrise du langage (pertinence du recours à des bénévoles pour accompagner les enfants dans l’apprentissage de la lecture) et en encourageant l’implication de bénévoles (notamment les étudiants) dans le soutien des élèves après la classe mais aussi en soutenant les associations dédiées.

Les étudiants ne sont pas oubliés. Une amplification du programme Erasmus est prévue pour permettre à 200.000 étudiants et apprentis français d’en bénéficier chaque année. Tous comme les étudiants, les jeunes désireux d’entreprendre verraient leur projet facilité par l’élargissement du statut d’auto-entrepreneur en assouplissant le régime de la micro-entreprise et par un coup de pouce pour les startups via l’abaissement du taux d’imposition sur les sociétés.

L’accès à un logement demeure un problème toujours d’actualité, d’où l’idée de construire 60.000 nouveaux logements pour les étudiants et 20.000 pour les jeunes actifs.L’accès à la culture pour tous et toutes serait aussi renforcé par la création d’un « Pass Culture » qui permettra à chaque Français le jour de ses 18 ans d’effectuer 500€ de dépenses culturelles (cinéma, théâtre, livres, etc.).

Il est une mesure proposée par le candidat d’En Marche, également évoquée par la candidate du Front National mais dans une autre proportion, qui aura particulièrement marqué les jeunes : l’instauration d’un service militaire d’une durée d’un mois.

La réalité des urnes

Les propositions d’Emmanuel Macron ont-elles convaincu la jeunesse française ? Au premier tour de l’élection présidentielle, les jeunes ont plébiscité Marine Le Pen (25,7%) et Jean-Luc Mélenchon (24,6%), Emmanuel Macron n’arrivant qu’en troisième position (21,6%). De manière plus générale, Emmanuel Macron séduit les électeurs diplômés ou étudiants du supérieur, catégorie relativement hermétique au vote frontiste8. À contrario, les ouvriers et les personnes sans le BAC se prononcent en majorité pour Marine Le Pen.

Au second tour, les chiffres sont très différents. Si Emmanuel Macron arrive en tête dans toutes les catégories d’âge, les chiffres pour Marine Le Pen et l’abstention sont significatifs. Le Front National réalise ses meilleurs scores chez les 25-49 ans, atteignant en moyenne 40 à 43%. De même pour l’abstention qui atteint plus de 30% du corps électoral pour les 18-34 ans.

Si aucun doute ne plane sur la victoire d’Emmanuel Macron lors du second tour, ces chiffres doivent être un avertissement clair et net tant pour la nouvelle présidence que pour l’ensemble du monde politique. D’autant que la logique de ces résultats ne cessent de se répéter d’élections en élections et ce, peu importe le niveau de pouvoir en jeu.

Il semble qu’au premier tour, les électeurs d’En Marche aient privilégié l’honnêteté et la capacité à porter des idées nouvelles. Pour le second tour, ne nous disposons pas de données pour déterminer dans quelles proportions la jeunesse a voté pour Emmanuel Macron par adhésion à son projet et sa personne ou par rejet du Front National.

Si nous comparons les résultats de l’élection présidentielle française et ceux de l’élection présidentielle américaine que nous avons déjà abordé dans notre Libre² numéro 8, nous constatons une grande similitude dans le vote des jeunes. Alors que 37% des Français âgés de 18 à 34 ans ont voté pour Marine le Pen, le vote des jeunes en faveur de Trump est monté à 37% tandis que Hillary Clinton recueillait 55%. S’il serait faux de comparer des situations et des contextes différents, nous pouvons au moins constater une dynamique commune des deux côtés de l’Atlantique : le vote populiste ne cesse de accroître chez les jeunes.

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Les Ecoles de Devoirs, lieux de rencontre et d’apprentissage

27 avril 2017 by jetl

Le 30 mars, la Commission de la Culture et de l’Enfance du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé à l’unanimité l’avant-projet de décret qui doit stimuler la création de nouvelles Ecoles de Devoirs.

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Toutes les OJ seront-elles invitées à monter dans le bus ?

29 mars 2017 by jetl

Depuis le 1er mars, les mouvements de jeunesse bénéficient, pour leurs activités, de la gratuité du réseau TEC sur toutes les lignes régulières, les vendredis, le week-end, les jours fériés et durant les congés scolaires.

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Pacte dit « d’Excellence » : un pacte consensuel aux allures idéologiques

28 février 2017 by jetl

Depuis ce début d’année 2017, les associations de parents, les syndicats, les directeurs d’école et les enseignants se sont, à tour de rôle, exprimés au sujet du Pacte dit « d’Excellence ». Au fil des informations contradictoires et des contestations, que pouvons-nous en retirer de positif ?

À priori pas grand-chose ! Une réforme du monde de l’enseignement est pourtant plus que nécessaire pour que celui-ci soit enfin en phase avec l’ère numérique dans laquelle se trouve la société du XXIe siècle. Force est de constater que ce Pacte dit d’Excellence ne va pas dans le bon sens. Au lieu de permettre à l’école d’embrasser pleinement le XXIe siècle, celui-ci la scelle dans le passé.

En tant qu’acteurs du Secteur de la Jeunesse, les Organisations de Jeunesse ont, nous le pensons, toute la légitimité de faire partie intégrante de la réflexion autour du système éducatif. En dépit de cette constatation, les auteurs de ce Pacte n’ont pourtant pas tenu compte de l’importance du non formel, pilier pourtant indispensable au développement de la citoyenneté.

À la lecture de l’Avis N°3, véritable fondation du futur Pacte émis par le Groupe Central, et au même titre que la majorité des acteurs de l’enseignement, nous ne pouvons qu’avoir des réticences. Toutefois, une fois ce constat dressé, il est indispensable de dépasser les aspects négatifs et de proposer des pistes de réflexion. C’est dans cette optique que nous avons rédigé ce Libr’Actu.

Consultation des acteurs du monde de l’enseignement

La première pierre d’achoppement concerne la gestion des relations avec le corps enseignant au sens large. Bien que nous ne puissions qu’approuver la volonté de la Ministre de construire une réflexion avec son secteur, nous regrettons que ce ne fut pas le cas dans la pratique. Si les enseignants ont bien été consultés, leur vision de l’enseignement ne figure pas dans l’Avis N°3. Ils ont été cantonnés au rôle de spectateurs et non d’acteurs contrairement à ce qu’affirme la Ministre.

Les enseignants ont également dû faire face aux contraintes ubuesques de temps et d’agenda imposées par le Groupe Central, confondant vitesse et précipitation. Cette situation s’explique dans un premier temps par la problématique des relais via les représentants du monde scolaire et du contexte dans lequel vivent les enseignants. La méthode appliquée par le Groupe Central était, d’une part, la consultation des personnes disponibles à des heures fixées et, d’autre part, l’application de la technique de la contrepartie1. Cette méthodologie a entrainé de facto un sentiment d’incompréhension de la part du corps enseignant, sentiment renforcé par la présentation du Pacte au public comme étant l’avis de ce dernier.

De plus, malgré le refus de la base, le personnel éducatif reçoit, déjà, des formations explicatives au sujet de ce Pacte d’Excellence. On pourrait comprendre que ces formations soient données uniquement au personnel travaillant en maternelle pour respecter l’échéancier. Mais quel est l’intérêt de former le personnel du secondaire à ce sujet, si ce n’est accroître le sentiment que le texte est d’ores et déjà ficelé ? Est-ce là, toute la considération que la Ministre porte à un secteur qu’elle qualifie elle-même de spécialiste ?

Graph Dépenses publiques scolarité 2013
Graph Dépenses publiques scolarité 2013

Aspects budgétaires

Toujours dans cette volonté de fournir des clefs de compréhension à la société pour entrevoir les objectifs de sa réforme, le cabinet de la Ministre Schyns a signé un contrat avec une agence de communication pour un montant de 196000€. Ce budget a pour but la mise en place d’une communication bien rôdée, frôlant la propagande. Personne ne se retrouve dans ce Pacte dit d’excellence et l’état dans lequel il se trouve actuellement démontre toute l’inefficacité avec laquelle l’argent a été dépensé.
Allons un peu plus loin et attardons-nous sur la totalité de ce budget fonctionnant sur le principe de l’enveloppe fermée. Or, ce principe, déjà instauré par le Ministre de l’Enseignement supérieur est fortement décrié. Ce concept a déjà montré toutes ses limites ! Le budget alloué par année est fixe et ne varie plus en fonction du nombre d’étudiants. Conséquences ? Une diminution du financement par étudiant, une mise en concurrence des établissements, des infrastructures défectueuses et en nombre insuffisant, un manque de professeurs et de personnels administratifs. Comment rendre pérenne un enseignement de qualité, enfin d’excellence, si celui-ci ne peut pas recevoir le budget nécessaire ?
Tout comme ce Pacte dit d’Excellence, les projections budgétaires sont tout aussi incertaines. En effet ce budget s’apparente plus à des incantations qu’à des données effectives. Jusqu’en 2030, le Pacte d’Excellence budgétise pas moins de 300 millions d’euros en utilisant un principe nébuleux de vases communicants. À cet égard, la Ministre, suite aux concertations sociales, envisage la possibilité pour 2020 de dégager un budget progressif d’un montant total de 180 millions d’euros. Malheureusement, à l’heure actuelle, nous n’en sommes qu’à un effet d’annonce.


Découvrez ici un aperçu des prévisions budgétaires du Pacte d’Excellence

Un exemple, parmi d’autres : la fin du redoublement avec un bénéfice de 80 millions d’euros dont la moitié serait allouée à la lutte contre le redoublement et le décrochage scolaire. Ce simple exemple permet de se rendre compte de la légèreté des prévisions budgétaires sur lesquelles se base l’ensemble de la réforme proposée.


Contrairement à une opinion largement répandue, le secteur de l’enseignement n’est pas sous financé en Belgique. Bien au contraire ! Notre pays fait partie du peloton de tête des pays européens en matière de dépenses liées à l’éducation. Le problème provient donc bien d’une mauvaise gestion des fonds alloués et non pas d’un sous-financement chronique. Actuellement, la façon dont est présenté le budget ne présage malheureusement pas d’une meilleure gestion à l’avenir.

Avis N°3 du Groupe Central

« Au terme du tronc commun, chaque élève sera soumis à la même évaluation externe certificative portant sur les sept domaines d’apprentissage et donnant accès à l’enseignement secondaire supérieur. Il aura ensuite le choix entre deux filières : la filière de transition permettant d’accéder à l’enseignement supérieur et la filière qualifiante qui permettra d’acquérir une qualification suffisante pour accéder directement à un métier »

Égalité - Équité


Qualité de l’enseignement

Le Pacte d’Excellence semble profondément en contradiction avec ses objectifs initiaux. Pour que celui-ci soit en accord avec la société du XXIe siècle, il est primordial que l’enseignement soit équitable et non pas égalitaire. De notre point de vue, l’école n’a pas comme rôle premier de gommer les différences socio-économiques et socio-culturelles ni de façonner l’ensemble des élèves dans un modèle unique mais plutôt de tenir compte des spécificités de chacun afin d’amener chaque individu à réaliser son plein potentiel et à s’accomplir en tant qu’être humain.

Les mentalités sont en train d’évoluer, de plus en plus de jeunes envisagent l’entrepreneuriat comme un moyen de s’épanouir en tant que citoyen et façonnent ainsi la société à leur image.

À cet égard, il nous parait important de faire germer la soif d’entreprendre aux jeunes générations dès l’école secondaire. D’autant plus que l’entrepreneuriat n’a jamais été aussi accessible à l’heure du numérique. Sensibiliser les élèves à l’entrepreneuriat aurait donc tout son sens dans l’enseignement du XXIe siècle.

L’école doit encourager les jeunes à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale comme le souligne le Traité de Lisbonne. L’introduction d’un cours à ce sujet permettrait à la fois aux étudiants et aux futurs entrepreneurs d’avoir pleinement conscience des processus liés au monde économique mais aussi de dépasser la peur du risque et de l’échec inhérente au développement de toute entreprise.

Le Pacte d’Excellence ne peut fonctionner qu’à condition d’y intégrer une réforme complète de la formation initiale des enseignants, tous niveaux confondus. Il est vrai que la majorité au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a proposé, dernièrement, d’allonger d’un an la formation des enseignants en Haute École. À nouveau, ce passage de 3 à 4 ans est une demi-mesure ayant pour unique objectif de montrer un semblant de bonne volonté et de s’aligner sur les normes européennes. Malheureusement, ce changement ne devrait apporter, sur le plan pédagogique, rien de plus que ce que n’offre la formation actuelle. Que ce soit en terme de durée ou de contenu, la formation des futurs enseignants doit être pensée sans dogme, ni tabou, et ne doit faire qu’un avec la réflexion autour du Pacte.

Avis N°3 du Groupe Central

« Au terme du tronc commun, chaque élève sera soumis à la même évaluation externe certificative portant sur les sept domaines d’apprentissage et donnant accès à l’enseignement secondaire supérieur. Il aura ensuite le choix entre deux filières : la filière de transition permettant d’accéder à l’enseignement supérieur et la filière qualifiante qui permettra d’acquérir une qualification suffisante pour accéder directement à un métier »D’entrée de jeu, évoquons ce fameux tronc commun. Concrètement, cette proposition signifierait la suppression de la certification des évaluations intermédiaires jusqu’à 15 ans (CEB, CE1D) et de la filière différenciée qui a pour but de remettre à niveau un élève en difficulté. À la sortie de ce tronc commun, l’élève sera évalué.Toutefois, les résultats obtenus lors de cette évaluation seront purement indicatifs ; l’élève aura ainsi tout le loisir de choisir entre une filière de transition ou qualifiante.

À contrario, la Flandre, toujours montrée en exemple dans les enquêtes internationales sur l’éducation, a fait le choix d’une orientation précoce, sans tronc commun. Croire que tous les élèves pourront poursuivre jusqu’à 15 ans un cursus identique relève donc plus de la posture idéologique que d’une réalité de terrain ou d’une pseudo volonté de voir nos élèves se distinguer.

Avis N°3 du Groupe Central

« De veiller à ce que la filière de transition, qui prépare à l’enseignement supérieur, demeure aussi ouverte que possible, en faisant en sorte qu’un ensemble très large de choix reste possible après l’enseignement secondaire, selon le principe du « libre accès » qui prévaut actuellement en matière de transition entre le secondaire et le supérieur en FWB.[…] Ce nouveau tronc commun devra permettre à tous les élèves d’atteindre un niveau élevé de savoirs diversifiés à la fin de la 3e année secondaire et de pouvoir choisir positivement et de façon éclairée l’orientation souhaitée, que ce soit celle de la transition vers le supérieur ou celle de la qualification vers un métier. »

Tronc commun
Tronc commun

Proposer deux filières peut sembler être théoriquement une bonne idée, mais la manière dont ces filières sont prévues dans le pacte nous laisse dubitatifs. Pour un Pacte qui promet de proposer un large éventail de choix « positifs », nous nous étonnons de voir l’instauration d’une filière « qualifiante » qui enfermera une partie non négligeable des élèves et scellera définitivement leur avenir, les privant ainsi de leurs choix et de leurs libertés.Par ailleurs, comme évoqué précédemment, les élèves ne redoubleront plus jusqu’à l’âge de 15 ans. Actuellement, cette pratique est appliquée uniquement entre la 1ère et la 2ème secondaire, mais provoque déjà un véritable désastre sur le terrain. La plupart des élèves, démunis par le système scolaire, seront orientés dans les filières techniques et professionnelles suite à une année où le système actuel ne leur permet pas de dépasser leurs difficultés. Nous le rappelons, le choix des filières techniques ou professionnelles se doit d’être positif.

Que fera-t-on alors des élèves ratant le Certificat du tronc commun ? Nous n’en savons pas plus mais nous nous attendons au pire.

Avis N°3 du Groupe Central

« On note que la question des élèves qui ne parviennent pas à obtenir le Certificat du Tronc Commun devra être approfondie dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte »Axe culturel.

Néanmoins, relevons un aspect positif de ce Pacte, à savoir le souhait de faire entrer la culture au sens large au sein des établissements scolaires. Actuellement, l’art et la culture n’occupent qu’une place minoritaire, souvent basée sur la bonne volonté du corps professoral ainsi que de la direction. Cette ouverture culturelle est moins importante en Belgique que dans la plupart des pays développés. Nous ne pouvons donc que saluer cette volonté. Malheureusement, le Groupe Central n’entrevoit qu’une vision étroite de la culture, limitée aux arts. Nous déplorons l’absence du Secteur Jeunesse, acteur pourtant essentiel dans l’éducation non formelle. Actuellement, la Fédération Wallonie-Bruxelles confie des missions essentielles aux Organisations de Jeunesse dans la formation des citoyens de demain. Il est donc primordial de les associer également et que leurs relations avec les écoles ne se limitent plus à un partenariat mais soient institutionnalisées.

D’autant plus, qu’au sein même du Secteur Jeunesse de nombreuses réflexions sont portées sur les partenariats envisageables entre les Organisations de Jeunesses et les écoles notamment au travers d’un GT école ou encore le dossier ECOJ, ce dernier consistant en la création d’un catalogue recensant l’ensemble des activités proposées dans les écoles par les Organisations de Jeunesse.

Nous devons aussi souligner la volonté des Organisations de Jeunesse d’être partie prenante à ce processus. Celles-ci se voient comme un soutien non négligeable pour les étudiants en difficulté grâce à la mise en place d’écoles de devoirs ou de remédiation.En allant plus loin dans les propositions, l’insertion des Organisations de Jeunesse au sein de l’école pourrait avoir comme effet de lisser les différences socio-économiques des élèves. En effet, elles tendent à travailler avec un public le plus large possible, sans distinctions. Certaines Organisations de Jeunesse, comme les mouvements de jeunesse accompagnent les jeunes durant une période significative de leur vie, comparativement à l’école, favorisant ainsi le développement d’attitudes citoyennes et le vivre-ensemble.Enfin, la citoyenneté ne peut pas être cantonnée à une notion qui s’apprendrait sur les bancs de l’école, elle doit se pratiquer tous les jours et sur le terrain. Cette mission revient notamment aux Organisations de Jeunesse. Celles-ci sont capables de rendre certaines matières plus tangibles pour les élèves, en mettant en parallèle les cours dispensés et les problématiques actuelles qui les concernent, comme l’environnement. Il s’agit là d’une piste à prendre en considération pour limiter le décrochage scolaire.  

Conclusion

La Ministre et le Groupe Central se sont enfermés dans un timing étriqué, voulant faire du Pacte d’Excellence la figure de proue de la législature. Bien que pavé de bonnes intentions, force est de constater que celle-ci est en train de se transformer, une fois encore, en une tache indélébile sur un mandat pour le moins bien terne.

Que ce soit en termes de financement, de communication ou encore d’un point de vue pédagogique, tout semble avoir été improvisé, sans prendre en compte les préoccupations réelles des élèves, des parents et des enseignants. Tout cela, en limitant la réflexion à une posture idéologique hermétique à la critique et aux changements proposés par les différents intervenants du monde éducatif.

Au-delà de tous les constats précédents, ce qui manque cruellement à ce Pacte mais aussi à la politique menée actuellement par la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est une vision globale de notre société. La Ministre et son Groupe Central, incapables d’imaginer l’école comme partie intégrante de la société, considère le monde scolaire comme étanche à toutes les problématiques et défis rencontrés par les jeunes d’aujourd’hui.
La plupart des Organisations de Jeunesse souhaitent prendre une part active à la réflexion autour du système éducatif, s’inscrivant dans un projet de société, et se voir reconnaître leur rôle d’acteurs majeurs, au côté des acteurs de l’enseignement, dans le développement du jeune.Le Pacte dit d’Excellence se limite donc à une coquille vide, dont le but final devrait servir les intérêts électoraux de certains plutôt que la jeunesse. Nous ne pouvons pas balayer du revers de la main cette initiative, toutefois, cette gargantuesque réforme ne peut être tenue à des contraintes de temps, d’argent ou de plébiscite.

Article corédigé par :

  • Fleusus Renaud, Détaché pédagogique de Jeunes & Libres
  • Chapelain Hubert, Détaché pédagogique des Jeunes MR
  • Brassinne Pierre, Collaborateur politique des Jeunes MR
  • Laera Enza, Détaché pédagogique de la FEL

Classé sous :Actualité Balisé avec :Ecole, Enseignement, Fédération des Organisations de Jeunesse libérales, Fédération Wallonie-Bruxelles, Jeunes et Libres, Jeunesse

Carte blanche de la CCOJ – Les Organisations de Jeunesse, acteurs essentiels de la société

17 février 2017 by jetl

En novembre 2016, des chercheurs de l’Université catholique de Louvain ont publié une étude consacrée au travail des Organisations de Jeunesse (OJ).

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